Jacqueline Daigneault, une vie montréalaise (1924 - 2008)

Jacqueline Daigneault Dans la vingtaine vers 1945
Ma mere une véritable marilyn monroe de l'époque
Un peu de son SVP

Née le 7 mars 1924 à Montréal, fille de Léonard Daigneault et de Claire Payette (Phaneuf lors d’un second mariage), ma mère grandit au sein d’une fratrie nombreuse. Elle avait trois sœurs — Madeleine (1er février 1932 – 2 septembre 2020), Clémence (… – 2020) et Béatrice — ainsi que trois frères.

De l’âge de neuf à quatorze ans, elle vécut avec ses trois sœurs à l’orphelinat de Mont-Laurier. À son retour du couvent, son père la plaça à l’école des sourds, où elle travailla comme servante. Elle devint ensuite bonne d’enfants dans de riches familles de Westmount. C’est Madame Lussier — la maîtresse de mon grand-père — qui lui transmit le métier de couturière.

Quittant l’orphelinat, elle travailla sans relache pour sortir ses trois soeurs de l’orphelinat et vivre avec elle sur la rue Bleury vers les années 1930. Elle joua le rôle de mère supplétif auprès de ces soeurs et celles-ci lui furent reconnaissantes durant toute leur vie.

Plus tard, vers 1966, elle entra chez Auckie Sanft, une entreprise de vêtement au Square Phillips, au cœur du centre-ville de Montréal.


Les leçons de ma mère

Ma mère, Jacqueline Daigneault, incarnait la bonté. Chrétienne fervente mais jamais bigote, elle m’enseigna, dans les moments les plus difficiles, ce que signifie être un témoin de douceur et de générosité, à l’image du Christ.

À l’exception de mon père, jamais elle ne manifesta le moindre ressentiment envers qui que ce soit. Ce poison de l’âme ne l’a jamais atteinte.

Aujourd’hui, je l’imagine volontiers au paradis, prenant un café en compagnie de Jésus, veillant d’un regard bienveillant sur ma sœur et moi tandis que nous poursuivons, ici-bas, le cours de nos vies.

La noblesse du coeur

En 1990, mon grand-père maternel, Léonard Daigneault, mourut dans une ville américaine. Ma mère fit le voyage pour l’inhumer, malgré le fait qu’il ait abandonné ses filles dans les années 1930 pour partir aux États-Unis avec ses trois fils. Durant toutes ces années, il avait donné si peu de nouvelles.

Une autre anecdote me revient, révélatrice de sa noblesse de cœur : à la mort de son frère Jacques, celui-ci lui avait légué le montant de son assurance-vie. Sans hésiter un seul instant, elle remit l’intégralité de cet héritage au fils de son frère, sachant combien les relations entre eux avaient été difficiles.
C’était elle… simple, droite, lumineuse.

Square Philipps sur la rue Sainte-catherine, le couer de Montréal

Pendant plus de vingt ans, ma mère fut couturière  dans l’entreprise Auckie Sanft (1935-1997) en plein centre ville de Montréal au square Philips. 

Fondée en 1935 par Auckie Sanft, l’entreprise se spécialisera dans l’importation et la confection de

manteaux et d’ensembles féminins de qualité haut de gamme. Auckie Sanft dirige l’entreprise jusqu’en 1987, alors que lui succède son fils,Arthur Sanft. Parmi les designers ayant créé des
collections pour Auckie Sanft on compte entre autres
Michel Robichaud et John Warden. La production était
localisée à Montréal et les vêtements étaient
distribués à travers le Canada, ainsi qu’à New York.
L’entreprise a fermé ses portes en 1997.

Couturière dans une fabrique  qui produisait des manteaux haut de gamme. Ma mère ne pouvait qu’être coquette. La voila à l’orée de la trentaine pimpante et mignone. 

Curieusement, elle demeura célibataire jusqu’à trente ans avant de recontrer mon père qui débarqua d’un paquebot en provenance de France. Le marriage ne dura que sept ans. Ils eurent deux enfants.

Ma tante clémence Roland - Daigneault

Ma tante Clémence a toujours très proche de ma mère. Curieusement dans la famille féminine Daigneault, on s’est passionné de l’accent français. Ma mère épousera avec ses soeurs trois français émigrants au Québec et ma tante Madeleine épousera mon oncle Dave, canadien d’origine syrienne. Ce fut le marriage le plus heureux. Avec six enfants.

MA TANTE CLEMENCE
L’histoire d’amour de ma tante Clémence fut la plus singulière. Mon oncle Michel Roland était né à Toulon, grand port de la marine militaire française. Très jeune, il s’enrola dans la marine, il bourlingua sur les septs mers tout en aiguisant ses talents de mécanicien à fond de câle. Un beau jour, son navire de guerre appareilla dans le grand port de Montréal. On ne sait pas quelle circonstance permit le croisement de Michel Roland avec ma tante Clémence.

Quoi qu’il en fut ma tante et mon oncle en tombérent éperdument amoureux.  Grand et magnifique, mon futur oncle après avoir promis des voeux de fidélité à sa future  repartit dans son bateau. Puis pendant cinq ans, ils correspondirent lui depuis son bateau elle  à terre à Montréal. Mais après cinq ans, ma tante émis un ultimatum car ellle ne pouvait vivre, en ces temps là, éternellement d’un amour océane. Ni d’une ni deux, mon oncle démissionna de la marine nationale et expédia par lettre un billet pour une traversée vers Toulon où il épousa ma tante en bonne et due forme. Trois garçons naquirent de cette union qui furent très heureux globalement.

APPRENDRE L’ANGLAIS 

Je ne peux m’empécher de citer cette anecdote. Mon oncle Michel a travaillé par la suite à la STCUM, la société de transport de la ville de Montréal comme mécanicien. Puis après 20 ans de bons et loyaux services, excédé par le rude climat québécois, lui un médittéranéen voulut repartir avec armes et bagages (surtout femme et enfant) vers son pays natal la France. Arrivé à Paris, il passa une entrevue pour un poste chez Renault. Grande entreprise française dont mon père Xavier et mon grand-père Gustave ont travaillé. Il faut dire que pendant son long séjour au Québec, mon oncle borné comme un militaire refusa d’apprendre un seul mot d’anglais. 
Ne fut il pas surpris que pour ce poste c’étais une nécessité. Pendant l’entrevue on lui posa la questions quivante : « Alors monsieur Roland, vous maitrisez absolument l’anglais après avoir passé vingt ans au Canada ? » Et mon oncle répondit YES probablement le seul mot anglais qu’il connaissait. On peut supposer que l’intervieweur ne connaissait pas la langue anglaise comme beaucoup de français de l’époque. Ma tante Clémence bilingue lui enseigna la langue anglaise à la vitesse de la lumière.

Clémence et Jacqueline

Ma tante clémence la Rita Hayworth de la famille Daigneault

Les beaux-frères 
Mon père Xavier à droite.
Mon oncle Michel Rolland en avant-plan.
Mon oncle Dave Nassif au milieu.
Et mon oncle Guy Lotte tout en arriére.

Xavier – Jacqueline Daigneault
Michel -Clémence Daigneault
David – Madeleine Daigneault
Guy Lotte – Béatrice Daigneault 

Ma mère (78 ans) à Metz en famille

En 2002, ma mère vint nous visiter une semaine à Metz dans ma famille : Quentin, Christine et notre petit chien Caramel. Une toute petite semaine ; elle aurait pu rester beaucoup plus longtemps.

Maman – Jacquelines Daigneault- dans ses quatre-vingt ans avec sa soeur Madeleine né Daigneault et Jade ma nièce, fille de Fabienne Ramette se tenant debout.

Elle est décédé à l’hopital de Verdun à quatre-vingt quatre ans. Elle n’était pas très heureuse à la fin de sa vie et j’en porte la culpabilité. Elle qui a tout sacrifié pour ses enfants.

J’ai récupéré ses cendres dans une urne. Une messe fut dite pour ma mère qui était très catholique. Maintenant, je l’imagine siroter un café à une table avec Jésus et veiller sur moi et ma famille ici-bas. 

Mes oncles et mon père et ma mère en 1955!

Les beaux-frères 
Mon père Xavier Ramette à droite.
Mon oncle Michel Rolland en avant-plan.
Mon oncle Dave Nassif au milieu.
Et mon oncle Guy Lotte tout en arriére.

Xavier – Jacqueline Daigneault
Michel -Clémence Daigneault
David – Madeleine Daigneault
Lotte – Béatrice Daigneault 

Mon oncle Dave, syrien d’origine mais né au Québec  et ma tante Madeleine. Un magnifique amour qui donna six enfants. Ils furent très heureux malgré les vicissitudes de la vie.

Conseiller municipal  à Chambly, propriétaire d’un grand magasin de vétements, mon oncle souffrit de la sclérose en plaque pendant trente ans. C’était un vrai bout en train. Un homme admirable.

Je me souviens de l’avoir vu à l’hopital alité. Et il m’a dit n’oublie pas de dire bonjour à Xavier mon père même s’il était très malade. A son enterrement, deux cents personnes y assisterent. Un homme trés aimé. Un modèle d’homme pour moi.

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Ma famille Daigneault en 1950