✨ Histoire véritablement véridique de Philippe, né sous l’étoile du Spoutnik
(conte à la manière de Voltaire)
En l’an de grâce 1957, lorsque l’humanité lança dans les cieux un certain Spoutnik pour mieux comprendre le monde, le destin choisit de déposer à l’hôpital de Rosemont, au royaume glacé du Québec, un enfant nommé Philippe-Dominique-Gustave-Joseph.
Quatre prénoms pour un seul homme : on sentait déjà qu’il aurait une vie bien remplie.
Dix ans plus tard, en 1967, le jeune Philippe découvrit l’Exposition Universelle de Montréal, où cinquante millions d’âmes se pressèrent comme si l’avenir du monde était en solde. Dans ces pavillons venus de partout, le garçon ouvrit des yeux si grands qu’on aurait pu y loger un continent de plus.
En 1968, son père, homme prévoyant ou opportuniste — l’histoire hésite — l’expédia en France, à Sèvres, chez ses grands-parents, Julia et Gustave. Le jeune Philippe y fit la rencontre des enfants Aucuit, et, par une alchimie familiale propre à l’époque, fut adopté par l’affection de la rue Jean-Jaurès. Les philosophes discutent encore de la logique de cet épisode.
En 1969, après quatre années d’engueulades (on disait disputes dans les salons, mais personne n’était dupe), les parents se séparèrent. Le père s’en fut rejoindre une certaine Line Chicoine, dont le nom sonnait comme une promesse de roman. Ils s’installèrent à Boucherville, dans une maison si cossue que les murs eux-mêmes semblaient porter des gants blancs.
En 1970, Philippe entra au très sélect lycée Stanislas, le Henri-IV du Québec. Son père lui demanda d’affirmer qu’il n’était qu’un simple fonctionnaire : ainsi naissent les vocations de diplomate. Il y rencontra Jean-Pierre Langlais, frère de lait et compagnon d’aventures intellectuelles.
En 1973, frappé par l’austérité paternelle (qui coupa les vivres aussi net qu’une guillotine révolutionnaire), Philippe découvrit qu’il était — ô surprise ! — Français. L’ambassade confirma, la République paya sa scolarité, et Philippe s’exclama : « Youpi ! » avec la dignité d’un citoyen des deux mondes.
Line, désormais marâtre mais généreuse, lui offrit un premier emploi d’été dans l’entreprise de carrelage NATILCO. Une entrée dans la vie active par la porte des entrepôts : tous les princes ne commencent pas au palais.
En 1977, il obtint son bac scientifique, médiocre en maths mais brillant en philosophie : 17/20 en répondant à la question « Pourquoi l’art ? ». De quoi faire pâlir Voltaire, qui se serait empressé de le tutoyer.
On l’admit ensuite en génie civil à McGill — trois années de solitude théorique — tandis qu’il suivait en secret des cours de philosophie à l’UQAM. Le jour, ingénieur ; le soir, épistémologue. L’un pour plaire au monde, l’autre pour nourrir son âme. Vive Aristote, Diderot, Lakatov, Karl Popper et Thomas Khun.
En parallèle, il passa sept années aux portes de l’IREQ, se nourrissant des repas d’une école d’hôtellerie comme un personnage rousseauiste en quête de vérité.
En 1981, il entra aux HEC Montréal, découvrit l’économie, la gestion, et tomba amoureux de Fayol, l’homme qui transforma le chaos en management.
En 1985, diplôme en poche, il poursuivit des études en science politique, agrémentées d’anthropologie et d’allemand, comme tout bon esprit persuadé que comprendre le monde demande parfois trois bibliothèques en même temps.
En 1985-1986, il entama son tour du monde pendant un an. Avec 8000 CDN emprunté, il visita 12 pays avec un mois par pays en principe.
Il visita la californie, le japon, Hog Kong, la chine communiste, Singapoure, Malaysie, Thailande, Inde, Népal, Grece, Egype, Crete, Israel, Turquie, Italie en passant,
la suisse ( Wintertur), l’allemagne (Heildelberg), la France puis hop retour à Montréal, sa ville de coeur, sa ville natale. Il avait réalisé son grand tour comme les enfants de l’aristocratie le réalisait au XVII siecle.
Vint ensuite la vie d’adulte, avec ses joies et ses secousses :
En 1995, naissance de son fils Quentin, à Metz, sous un ciel que les poètes décrivent comme “gris mais inspirant”.
En 1998, Philippe s’installa définitivement en France. Il habita Metz, travailla à Paris, et découvrit les plaisirs douteux des trajets SNCF.
En 2013, un divorce à l’amiable. En 2014, une année difficile à Nancy. Puis en 2018, l’installation à Villetaneuse, près de Saint-Denis, où le destin n’avait pas fini de lui jouer des tours.
Car en 2021, miracle moderne, il “adopta” une petite famille roumaine :
Luminita, la douce mère, et les enfants
Martha (3 ans),
Maria (5 ans),
et Jacob, dit Leonardo (11 ans),
qui apportèrent dans sa vie plus de couleurs qu’une expo universelle.
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